La cocarde officielle française est la cocarde tricolore, un insigne circulaire aux couleurs nationales. Cet insigne symbolise l’unité de la République française depuis la Révolution. Il est porté par des militaires, des fonctionnaires et est un fort emblème lors des cérémonies nationales.
Origine historique de la cocarde tricolore
L’origine historique de la cocarde tricolore s’ancre précisément dans l’été 1789, au cœur de la crise qui ébranle l’Ancien Régime. Tout commence le 12 juillet 1789, lorsque l’orateur charismatique Camille Desmoulins grimpe sur une table dans les jardins du Palais-Royal à Paris. Il appelle les Parisiens à se munir d’un ruban bleu comme signe de ralliement contre les troupes royales et les ministres comme Loménie de Brienne.
Ce geste spontané marque la première apparition publique d’un insigne révolutionnaire. Cinq jours plus tard, le 17 juillet, après la prise de la Bastille, La Fayette organise une délégation sur le balcon des Tuileries. Cette dernière présente au roi Louis XVI, une cocarde assemblant le bleu et le rouge parisiens au blanc royal. Le roi l’accepte et l’épingle à son chapeau, sous les acclamations de la foule, officialisant ainsi cet emblème hybride. Adoptée immédiatement par la Garde nationale parisienne qui fut créée le 14 juillet, la cocarde se diffuse rapidement dans les provinces via les fédérations de gardes nationaux et les municipalités naissantes.
Sous la Constituante, elle est consacrée par décret comme insigne de la Nation, portée par les citoyens, les soldats et les représentants élus. Au cours des décennies suivantes, elle accompagne les évolutions politiques. Sous la Convention, elle devient un marqueur jacobin. Sous l’Empire, Napoléon la conserve comme symbole impérial et avec la Restauration, elle renaît en 1830 lors des Trois Glorieuses.
C’est plus tard que des cocardes officielles pour cérémonies et institutions prennent leur forme actuelle. Pour les maires, dont la fonction moderne émerge avec la loi municipale de 1884, cet héritage fait de la cocarde un attribut d’autorité locale ancré dans la souveraineté populaire issue de 1789.
Usages actuels de la cocarde officielle
Les usages actuels de la cocarde tricolore pour les institutions et représentants de ces institutions sont régis par un protocole républicain codifié. Ce dernier est issu de traditions jurisprudentielles et de recommandations du ministère de l’Intérieur.
Lors des cérémonies officielles, les élus la portent fixée au revers de leur costume ou de leur écharpe tricolore. Ces cérémonies incluent les mariages civils, les conseils municipaux solennels et les commémorations nationales. Les cocardes sont portées en rosette de 5 à 7 cm de diamètre, confectionnée en soie ou tissu résistant, avec les couleurs bleu-blanc-rouge en plis concentriques ou rayonnants. Elle complète les écharpes de maire qui sont obligatoires pour les actes régaliens.
Dans les fêtes communales, processions ou inaugurations, elle marque l’autorité sans ostentation, fixée à la boutonnière ou au chapeau. Sur les véhicules officiels, une cocarde est fixée pour rendre ces derniers reconnaissables. Il en existe pour le maire lui-même, le maire-adjoint, le conseiller municipal, etc.
Commercialisée par des fournisseurs agréés, la cocarde doit respecter l’ordre des couleurs vertical du drapeau. Dans un contexte de laïcité stricte, elle reste un attribut neutre, distinct des signes religieux. Avec la dématérialisation des actes, son port physique persiste pour ancrer la solennité républicaine.